Historique

couv 1 - Mémoire A l image de soi

« Quand un mauvais esprit t’assaillira, il en jouera et tu iras mieux… »

Les serviteurs du Roi Saül lui proposèrent de soigner ses « terreurs » en écoutant un joueur de Cithare et en disant : « Quand un mauvais esprit t’assaillira, il en jouera et tu iras mieux. »

Ainsi un récit biblique reconnaît-il déjà l’influence thérapeutique de la musique…

A partir de la Renaissance, le pouvoir curatif de la peinture se trouve souvent évoqué dans les écrits d’esthétique. Le peintre Giovanni Battista Armenini écrit que la gaieté des « grotesques » des Loges au Vatican peut guérir de la mélancolie…

 

« Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux ».

La poésie, du grec « poiêsis » signifie « fabrication, création », essentiellement verbale, du latin proversa, « discours tourné vers l’avant, qui va en ligne droite », nous retenons de cette étymologie l’idée de trajectoire, de composition et de création qui pousse vers l’avant, une tradition orale mais qui est devenue écrite depuis bien longtemps.

N’oublions pas que le maître de la guérison se nommant Asclepius était fils d’Apollon, roi de la poésie : la médecine et les arts sont ainsi mêlés historiquement. Les Grecs anciens seraient les premiers à avoir ressenti l’importance des mots et des émotions, tant pour la poésie que pour les phénomènes de guérison de l’âme. Dans sa Poétique, Aristote parlait déjà de la catharsis comme d’un facteur important qui pouvait avoir un effet sur la cure des émotions. Même si la thérapie par la poésie est relativement nouvelle, elle est aussi ancienne que les premiers chants autour du feu des peuples primitifs. Le chant/chanson/poème est ce qui « guérit » le cœur et l’âme.

« Oubliez votre profil ; ce n’est plus à la mode. Mais remarquez celui qui marche près de vous et dont vous ne croyez pas à l’existence. »

La création elle, rassemble, se densifie dans la matière et prolonge son existence à travers le regard de son interprète. La forme arrange (ou construit) dans le dérangement (ou déconstruction), met de l’harmonie dans la désharmonie et de l’ordre dans le chaos.

Ce qui importe c’est le faire, l’action, le processus qui va permettre la mise en marche de ses pensées, de ces émotions du dedans vers un monde extérieur, projetées en avant par l’intermédiaire de la peinture, de l’écriture, du modelage, du corps et de sa volonté d’évolution.

Les ateliers d’art-thérapie vont permettre aux patients de se consacrer au surgissement de leurs pensées, de leurs émotions, à fabriquer, à construire, à modeler un feed-back entre leurs vécus psychiques, voir traumatiques et leurs relations aux autres, aux mondes, à eux-mêmes. Dès lors qu’il y a une restructuration dans le cheminement de la pensée et de l’être chez l’individu, il y a rééquilibrage de la santé mental. Alors que l’expérience traumatique produit une « rupture de sens »* ou « un trou dans le signifiant »*, le patient ne se reconnaît plus, il n’est plus comme les autres, il est comme aliéné, figé dans une temporalité et dans la difficulté de donner un sens à ce qui lui arrive.

Dans la peinture et les écrits, la notion de dualité est assez présente et je la ressens comme une ressource intérieure, un moteur qui permet de comparer des données, qui permet l’intégration des différences après digestion. La dualité permet l’émergence de la vie, de la compréhension pour ensuite retourner à l’état d’unité. Les pensées fragmentées divisent l’auteur et sa création. La maladie psychique est un état de constant chaos avec des phases de réminiscences ou le patient peut alors retrouver un lien entre son monde émotionnel, ce qu’il ressent (et non le persécute) et son monde réel, sa représentation du monde. Puisque dans la représentation du moi, tout est vrai comme les chimères.*

La création elle, rassemble, se densifie dans la matière et prolonge son existence à travers le regard de son interprète. La forme arrange (ou construit) dans le dérangement (ou déconstruction), met de l’harmonie dans la désharmonie et de l’ordre dans le chaos.*

Ce qui importe c’est le faire, l’action, le processus qui va permettre la mise en marche de ses pensées, de ces émotions du dedans vers un monde extérieur, projetées en avant par l’intermédiaire de la peinture, de l’écriture, du modelage, du corps et de sa volonté d’évolution. Les ateliers d’art-thérapie vont permettre aux patients de se consacrer au surgissement de leurs pensées, de leurs émotions, à fabriquer, à construire, à modeler un feed-back entre leurs vécus psychiques, voir traumatiques et leurs relations aux autres, aux mondes, à eux-mêmes.

 Dès lors qu’il y a une restructuration dans le cheminement de la pensée et de l’être chez l’individu, il y a rééquilibrage de la santé mental. Alors que l’expérience traumatique produit une « rupture de sens »* ou « un trou dans le signifiant »*, le patient ne se reconnaît plus, il n’est plus comme les autres, il est comme aliéné, figé dans une temporalité et dans la difficulté de donner un sens à ce qui lui arrive. A travers le récit, l’homme construit son existence et maintient sa mémoire hors du temps. L’écriture, la peinture ou tout autre médiums vont jouer également un rôle d’archive ou l’individu dans la représentation* de son souvenir peut modifier sa représentation du réel. Une plasticité de la représentation qui se rencontre chez tous individus. Je pense que chaque personne possède cette force qui le conduit au passage à l’acte, à retrouver son lien avec la création, sa créativité et par son intermédiaire retrouver un sentiment d’équilibre, rassemblant la cohorte de son psychisme sur des temps d’ateliers où la notion de cadre prend alors toute son importance. Trouver un espace psychique dans un cadre spatiotemporel consacré à l’expression de ses pensées, de son imagination, de ses craintes, de ses peurs et de ses désirs. Quand des changements se produisent, ils sont autant psychiques que corporels.

Malraux dit une chose très simple sur l’art, il dit “c’est la seule chose qui résiste à la mort“.

Mathilde Delavenne, art-thérapeute, formatrice et Directrice Pédagogique de Arc en Ciel en Soit.

Article : Vision de l’art-thérapie

Extrait du mémoire : « Créativités, mémoires, miroirs »

DU en Psychiatrie, médiations thérapeutiques et art-thérapie. Université Paul Sabatier, Toulouse. Sous la direction du Docteur GRANIER.

 

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